Chers Amis,
Merci à Volker de se lancer dans cet inventaire des questions et problèmes
que pose l¹édition électronique de l¹¦uvre de Jules Verne !
Pour ma part, je rappelle que j¹ai proposé, depuis que l¹on parle de ce
projet, que, précisément, il n¹y ait pas une répartition des titres entre
spécialistes, mais plutôt une annotation par spécialisation. L¹annotation du
« Voyage au centre de la Terre » aura besoin par exemple, d¹un bon
connaisseur en minéralogie. De mon côté, je m¹étais proposé de travailler
sur les allusions et références littéraires dans l¹¦uvre de Verne, mais pas
tout seul non plus ! Cela dit, il faudra peut-être un ³chef d¹équipe² pour
chaque roman, surtout les plus compliqués.
Cordialement,
Daniel
le 30/03/10 16:32, volker dehs à volker.dehs~at~web.de a écrit :
> (1)
>
>
>
> Dear all, in a precedent message I announced some comments on the project
> called ³Corpus Verne², a critical online edition of Verne¹s works. I pointed
> out that this is an essential philological work and I think it¹s logical that
> contributors who want to assume the edition of a work must read and understand
> French; on the other hand, it¹s desirable that all Vernians should be invited
> to contribute their special knowledge. My notes will be in French, but I will
> try to join a short summary in English. My commentaries don¹t want to
> discourage potential collaborators but to point out some specific
> particularities and difficulties we will encounter in such an project.
>
> Two good French editions by Jacques Noiray and William Butcher exist which
> should be considered as standard editions with regard to intellectual
> exigencies. An object of discussion will be the question if the original
> illustrations of the novels should be considered as a part of the corpus or
> not (I think so). On the other hand a practical question is how to distribute
> the works to the collaborators, a work as ³Journey to the Center of the World²
> will interest more editors as, for example, the ³Géographie de la Francs et de
> ses colonies².
>
> Other remarks will follow on the corpus itself, the manuscripts, variants
> between different editions, the correction of errors and juridical problems.
>
>
>
> ***
>
>
>
> Avant de commencer une telle entreprise, il est bien de voir ce qui a été fait
> déjà. Un texte bien établi des romans verniens n¹existe pas encore, même dans
> les deux éditions commentées parues chez Gallimard folio (« Vingt mille lieues
> » par Jacques Noiray, « Tour du monde » par William Butcher ; j¹exclue pour sa
> qualité médiocre le « Hatteras » de Borderie) ; leur lecture se prête pour
> bien se rendre compte des difficultés et exigences d¹une telle édition, bien
> que Noiray ne tienne même pas compte ni des manuscrits ni des variantes entre
> les 3 versions publiées (Magasin, in-18, gr. in-8°) ; Butcher le fait bien,
> mais on a parfois l¹impression que le choix des variantes soit plus ou moins
> arbitraire (ce dont je ne le blâmerai pas : il serait tout simplement
> impossible de tenir compte de tout dans une telle publication destinée au
> grand public) ; je reviendrai plus tard à ces problèmes-là.
>
>
>
> Une question d¹ordre général est si les illustrations originales (p. ex. du «
> Musée des familles » et des éditions Hetzel) doivent être reproduites ou non.
> Il y a des puristes (j¹emploie ce mot dans un sens neutre et non péjoratif)
> disant que le texte peut (et doit même) se passer des illustrations, d¹autant
> plus que celle-ci vampyriseraient sur l¹imagination du lecteur ; aussi, la
> somptueuse édition de la Pléiade n¹accepterait probablement jamais une
> iconographie quelconque accompagnant un texte littéraire. A cette vue, déjà
> défendue par Flaubert, je répondrais que l¹&oeliguvre de Verne s¹insère bien
> dans une stratégie éditoriale de la littérature populaire qui se fonde aussi
> bien sur le texte que sur l¹image et qui, par la suite, n¹a cessé d¹influer
> sur la réception de l¹auteur. Dans le cas particulier de Verne, l¹écrivain a
> souvent mais pas toujours collaboré avec ses illustrateurs en proposant
> des modèles aux personnages, paysages etc., qui révèlent parfois les sources
> dont il s¹est servi à son tour. Quelquefois, l¹illustration a même provoqué la
> réécriture (partielle) du texte. Dans le cas de deux textes écrits pour le «
> Musée des familles », ils ont été écrits après des illustrations préexistantes
> de sorte qu¹elles soient à la genèse même du texte. Aussi et non seulement
> pour des considérations nostalgiques et esthétiques je suis pour l¹inclusion
> de ces illustrations originales. Ceci vaut également pour les cartes qui ont
> souvent été dressées par ou d¹après Jules Verne lui-même. Ces images dépassent
> donc de loin leur statut simplement décoratif et documentaire.
>
>
>
> Si le Corpus se réalise, il est évident que cette réalisation s¹étendra sur de
> nombreuses années, sinon des décennies, et nécessitera beaucoup de
> collaborateurs. S¹il va de soi que chacun puisse apporter sa note personnelle,
> il faudra tout de même garantir un niveau intellectuel minimum qui respecte
> avant tout que l¹édition critique d¹un texte soit un travail essentiellement
> philologique et devra se passer de toute improvisation. Un tel travail doit
> impérativement tenir compte d¹un établissement de texte fondé sur la
> comparaison des différentes versions éditées du vivant de l¹auteur ; il faut
> prendre en considération les manuscrits et les sources principales dont Verne
> s¹est servi. Souvent, ces dernières sont à rechercher et à lire, ce qui
> demandera du temps, d¹autant plus que de nombreux textes sont difficiles à
> accéder (heureusement, gallica existe !). La question des traductions en
> autres langues que le français est étrangère au corpus et ne concerne les 2 ou
> 3 textes dont la première traduction a été réalisée en anglais et dont les
> manuscrits autographes n¹ont pas encore été retrouvés.
>
>
> Un des problèmes à résoudre sera évidemment la répartition des tâches parmi
> les collaborateurs potentiels. Je m¹imagine que plus d¹un voudrait s¹occuper
> du « Voyage au centre de la Terre » ou de « Vingt mille lieues sous les mers »
> (encore qu¹il s¹agit là de deux titres posant énormément de problèmes&hellip),
> alors que peu de chercheurs vont s¹enthousiasmer pour la « Géographie de la
> France et de ses colonies »&hellip (à suivre)
>
> Dear all, in a precedent message I announced some comments on the project
> called ³Corpus Verne², a critical online edition of Verne¹s works. I pointed
> out that this is an essential philological work and I think it¹s logical that
> contributors who want to assume the edition of a work must read and understand
> French; on the other hand, it¹s desirable that all Vernians should be invited
> to contribute their special knowledge. My notes will be in French, but I will
> try to join a short summary in English. My commentaries don¹t want to
> discourage potential collaborators but to point out some specific
> particularities and difficulties we will encounter in such an project.
> Two good French editions by Jacques Noiray and William Butcher exist which
> should be considered as standard editions with regard to intellectual
> exigencies. An object of discussion will be the question if the original
> illustrations of the novels should be considered as a part of the corpus or
> not (I think so). On the other hand a practical question is how to distribute
> the works to the collaborators, a work as ³Journey to the Center of the World²
> will interest more editors as, for example, the ³Géographie de la Francs et de
> ses colonies².
> Other remarks will follow on the corpus itself, the manuscripts, variants
> between different editions, the correction of errors and juridical problems.
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> Avant de commencer une telle entreprise, il est bien de voir ce qui a été fait
> déjà. Un texte bien établi des romans verniens n¹existe pas encore, même dans
> les deux éditions commentées parues chez Gallimard folio (« Vingt mille lieues
> » par Jacques Noiray, « Tour du monde » par William Butcher ; j¹exclue pour sa
> qualité médiocre le « Hatteras » de Borderie) ; leur lecture se prête pour
> bien se rendre compte des difficultés et exigences d¹une telle édition, bien
> que Noiray ne tienne même pas compte ni des manuscrits ni des variantes entre
> les 3 versions publiées (Magasin, in-18, gr. in-8°) ; Butcher le fait bien,
> mais on a parfois l¹impression que le choix des variantes soit plus ou moins
> arbitraire (ce dont je ne le blâmerai pas : il serait tout simplement
> impossible de tenir compte de tout dans une telle publication destinée au
> grand public) ; je reviendrai plus tard à ces problèmes-là.
>
> Une question d¹ordre général est si les illustrations originales (p. ex. du «
> Musée des familles » et des éditions Hetzel) doivent être reproduites ou non.
> Il y a des puristes (j¹emploie ce mot dans un sens neutre et non péjoratif)
> disant que le texte peut (et doit même) se passer des illustrations, d¹autant
> plus que celle-ci vampyriseraient sur l¹imagination du lecteur ; aussi, la
> somptueuse édition de la Pléiade n¹accepterait probablement jamais une
> iconographie quelconque accompagnant un texte littéraire. A cette vue, déjà
> défendue par Flaubert, je répondrais que l¹&oeliguvre de Verne s¹insère bien
> dans une stratégie éditoriale de la littérature populaire qui se fonde aussi
> bien sur le texte que sur l¹image et qui, par la suite, n¹a cessé d¹influer
> sur la réception de l¹auteur. Dans le cas particulier de Verne, l¹écrivain a
> souvent mais pas toujours collaboré avec ses illustrateurs en proposant
> des modèles aux personnages, paysages etc., qui révèlent parfois les sources
> dont il s¹est servi à son tour. Quelquefois, l¹illustration a même provoqué la
> réécriture (partielle) du texte. Dans le cas de deux textes écrits pour le «
> Musée des familles », ils ont été écrits après des illustrations préexistantes
> de sorte qu¹elles soient à la genèse même du texte. Aussi et non seulement
> pour des considérations nostalgiques et esthétiques je suis pour l¹inclusion
> de ces illustrations originales. Ceci vaut également pour les cartes qui ont
> souvent été dressées par ou d¹après Jules Verne lui-même. Ces images dépassent
> donc de loin leur statut simplement décoratif et documentaire.
>
> Si le Corpus se réalise, il est évident que cette réalisation s¹étendra sur de
> nombreuses années, sinon des décennies, et nécessitera beaucoup de
> collaborateurs. S¹il va de soi que chacun puisse apporter sa note personnelle,
> il faudra tout de même garantir un niveau intellectuel minimum qui respecte
> avant tout que l¹édition critique d¹un texte soit un travail essentiellement
> philologique et devra se passer de toute improvisation. Un tel travail doit
> impérativement tenir compte d¹un établissement de texte fondé sur la
> comparaison des différentes versions éditées du vivant de l¹auteur ; il faut
> prendre en considération les manuscrits et les sources principales dont Verne
> s¹est servi. Souvent, ces dernières sont à rechercher et à lire, ce qui
> demandera du temps, d¹autant plus que de nombreux textes sont difficiles à
> accéder (heureusement, gallica existe !). La question des traductions en
> autres langues que le français est étrangère au corpus et ne concerne les 2 ou
> 3 textes dont la première traduction a été réalisée en anglais et dont les
> manuscrits autographes n¹ont pas encore été retrouvés.
>
> Un des problèmes à résoudre sera évidemment la répartition des tâches parmi
> les collaborateurs potentiels. Je m¹imagine que plus d¹un voudrait s¹occuper
> du « Voyage au centre de la Terre » ou de « Vingt mille lieues sous les mers »
> (encore qu¹il s¹agit là de deux titres posant énormément de problèmes&hellip),
> alors que peu de chercheurs vont s¹enthousiasmer pour la « Géographie de la
> France et de ses colonies »&hellip (à suivre)
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Received on Tue 30 Mar 2010 - 18:39:58 IDT