For those who read french, here is today's review of a few
Verne events in Nantes, published by the daily newspaper
Liberation.
EA
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ARTS.
Nantes célèbre son enfant prodige en quatre expositions, un
peu toc mais charmantes.
Bienvenue à JulesVerneland
Par HERVÉ GAUVILLE (ENVOYÉ SPÉCIAL À NANTES)
Le jeudi 13 juillet 2000
"Vision machine"
au musée des Beaux-Arts,
10, rue Georges-Clemenceau.
Tél.: 02 40 41 65 65.
Jusqu'au 10 septembre.
"Classification"
au Museum d'histoire naturelle,
place de la Monnaie.
Tél.: 02 40 99 26 20.
Jusqu'au 31 décembre.
"Voyages extraordinaires"
au musée du Château des ducs de Bretagne,
4, place Marc-Elder.
Tél. 02 40 41 56 56.
Jusqu'au 7 janvier.
"Le Roman de la science"
à la médiathèque,
24, quai de la Fosse.
Tél. 02 40 41 95 95.
Jusqu'au 7 janvier.
« Quatre manifestations rappellent au passant que Nantes est
la ville natale de Jules Verne. Une cinquième, sous le titre
de Jules Verne écrivain, ouvrira le 16 septembre et complétera
cet ensemble. Né en 1828 dans une famille nantie, l'auteur
de Vingt Mille Lieues sous les mers devait reprendre à son
compte l'étude d'avoué tenue par son père; la littérature en
décida autrement. La ville a donc décidé de célébrer le 172e
anniversaire de sa naissance. Pourquoi attendre un compte rond
avec un personnage que les calculs compliqués n'ont jamais
embarrassé?
Nantes est aussi la patrie d'Anne de Bretagne, d'Aristide
Briand, de Jacques Demy et du général Cambronne, célèbre pour
ses bons mots. La richesse de ce terroir culturel augure donc
de quelques festivités bienvenues. En attendant, rendez-vous
aux amateurs de machines en tous genres (Vision machine), de
taxinomies fantaisistes (Classifiction), de périples
imaginaires (Voyages extraordinaires) et de découvertes
scientifiques non dûment certifiées (Le Roman de la science).
Utopie.
Le premier rendez-vous est le seul qui s'annonce ouvertement
artistique, en ouvrant l'imaginaire vernien sur celui des
peintres et des architectes. Tout l'intérêt - discutable -
de l'exposition tient dans son accrochage. Lars Spuybroek, de
l'agence rotterdamoise Nox, a conçu à l'aide de plans inclinés,
de vases clos et de corridors sans issue un labyrinthe supposé
égarer le visiteur au milieu d'¦uvres qu'aucune chronologie ni
accointance formelle ne prédisposaient à pareil voisinage.
Le thème fédérateur serait celui de l'utopie déclinée dans son
sens le plus large (et le plus lâche). Constructivisme,
abstraction, surréalisme et délires oniriques se mélangent au
profit d'une vision plus hybride que « machine ».
La deuxième exposition s'appuie sur une lecture libre de Vingt
Mille Lieues sous les mers. Les espèces animales recensées dans
le roman sont illustrées à l'aide de spécimens empruntés aux
collections du museum. Empaillés ou en matière plastique, ces
animaux marins recomposent un univers original, constituant un
système fictif qui évoque parfois davantage Borgès que Verne.
Là aussi, la mise en scène donne le ton. Baignant dans des lueurs
bleutées, les objets rassemblés prennent une allure marine à la
Nautilus.
Fort Boyard.
La troisième est franchement comique. Sous prétexte de recréer un
univers scientifico-romanesque, un parcours digne de Fort Boyard
conduit les volontaires dans un dédale de grottes reconstituées,
d'escaliers en spirale et de couloirs de style rocaille. Une
maquette supposée grandeur nature de sous-marin invite à une
visite dans le laboratoire même de la fiction à la Jules Verne.
Des exemplaires de son ¦uvre sont placés sous vitrine, ce qui est
d'autant plus drôle qu'on peut se les procurer sans problème dans
la première librairie venue. On se croirait dans un parc
d'attractions vieillot qui aurait bricolé ses surprises avec les
moyens du bord. Au moins, l'aspect 19e est assuré.
Voyage éclair.
La quatrième est plus littéraire. Elle fait elle aussi la part
belle à l'exposition de livres, souvent ordinaires, sous vitrine.
Son thème est la postérité de l'écrivain à travers la science-
fiction romanesque, cinématographique et illustrée. La visite
démarre tranquillement avec les contemporains, Figuier ou
Flammarion, et suit son bonhomme de chemin jusqu'à Hergé, la
Guerre des étoiles et les mangas japonais en passant par les
maîtres du mystère, Lovecraft, Huxley et Bradbury. Quelques
peintres de la Figuration narrative sont mis à contribution,
tels Erro, Bernard Rancillac et Hervé Télémaque. L'espace exigu
est mis à profit au maximum, ce qui n'empêche pas ce voyage à
travers le Roman de la science d'être bouclé en infiniment moins
de temps qu'il n'en faut pour se rendre De la Terre à la Lune.
Ce Jules Verne rendu à sa ville natale a pris un sacré coup de
vieux. Sans proposer de véritable découverte tant le sujet a été
exploré depuis longtemps, il se transforme en jeu de piste pour
touriste bon enfant. Les visions aventureuses ont cédé le pas
devant une présentation en forme de parc d'attractions désuet
mais non dépourvu de charmes. Pour qui a fait halte dans la
brasserie La Cigale, haut lieu de la culture, l'invitation à
suivre le jeu de piste vernien peut constituer une agréable
alternative à la sieste. Pourquoi bouder son plaisir ? »
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© Libération
Received on Thu 13 Jul 2000 - 17:20:11 IDT