Bonjour à toutes et à tous,
Toujours dans le cadre de ma recherche, on vient de me rappeler les passages de Paris au XX° siècle où JV cite Hugo avec éloge :
Chapitre IV
De quelques auteurs du XIXe siècle, et de la difficulté de se les procurer
"Que désirez-vous, monsieur, lui dit l'employé, chef de la Section des Demandes.
- Je voudrais avoir les oeuvres complètes de Victor Hugo", répondit Michel.
L'employé ouvrit des yeux démesurés.
"Victor Hugo ? dit-il. Qu'est-ce qu'il a fait ?
- C'est un des grands poètes du XIXe siècle, le plus grand même, répondit le jeune homme en rougissant.
- Connaissez-vous cela ? damanda l'employé à un second employé, chef de la Section des Recherches.
- Je n'en ai jamais entendu parler, répondit ce dernier. Vous êtes bien sûr du nom ? demanda-t-il au jeune homme.
- Parfaitement sûr.
- C'est qu'il est rare, reprit le commis, que nous vendions ici des ouvrages littéraires. Mais enfin, puisque vous êtes certain... Rhugo, Rhugo,... dit-il en télégraphiant.
[...]
- J'attendrai", répondit Michel.
Et il se retira dans un coin, abasourdi ! Ainsi, toute cette grande renommée ne durait pas un siècle ! Les Orientales, les Méditations, les Premières Poésies, la Comédie humaine, oubliées, perdues, introuvables, méconnues, inconnues !
Chapitre X
Grande Revue des auteurs français passée par l'oncle Huguenin, le dimanche 15 avril 1961
- Ah ! Victor Hugo, s'écria Michel ! j'espère, mon oncle, que vous le comptez parmi nos grands capitaines !
- Je le mets au premier rang, mon fils, agitant sur le pont d'Arcole le drapeau du romantisme, lui le vainqueur des batailles d'Hernani, de Ruy Blas, des Burgraves, de Marion ! Comme Bonaparte, il était déjà général en chef à vingt-cinq ans, et battait les classiques autrichiens en toute rencontre. Jamais, mon enfant, la pensée humaine ne s'est retrouvée combinée sous une forme plus vigoureuse que dans le cerveau de cet homme, un creuset capable de supporter les plus hautes températures. Je ne sais rien au-dessus de lui, ni dans l'antiquité, ni dans les temps modernes, pour la violence et la richesse de l'imagination ; Victor Hugo est la plus haute personnification de la première moitié du dix-neuvième siècle, et chef d'une École qui ne sera jamais égalée. Ses oeuvres complètes ont eu soixante-quinze éditions, dont voici la dernière ; il est oublié comme les autres, mon fils, et n'a pas tué assez de monde pour que l'on se souvienne de lui !
Or, dans les notes de l'éditeur de "Paris au XXe siècle", on peut lire : [Verne] multiplie les éloges hyperboliques de ceux qu'il croit proches de l'éditeur [Hetzel] et exécute étourdiment les autres.
Cette remarque de l'éditeur m'interroge : quand JV a écrit Paris au XX° siècle, il savait déjà qu'il donnerait le manuscrit à Hetzel ? Car à la lecture de la remarque, c'est ce que l'on pourrait penser...
Pourtant, si tel est le cas, pourquoi JV n'a-t-il pas dès le début écrit un texte "optimiste", comme le voulait Hetzel ?
Autre question : quel est le tout premier manuscrit écrit par Verne et destiné à Hetzel : Paris au XX° siècle au Cinq semaines en ballon ?
Merci d'avance...
Lionel
PSs : merci à Claude Humbert pour son aide (
http://pagesperso-orange.fr/poutine/)
Lionel Dupuy
33 chemin de Bernès
64230 Sauvagnon
Mail : lioneldupuy~at~wanadoo.fr
Site web :
http://pagesperso-orange.fr/jules-verne/
Received on Fri 27 Jun 2008 - 13:43:35 IDT